Femme massée

Histoire du massage

Le mot massage vient du verbe arabe "mass" qui signifie "toucher". C'est un acte naturel, un art ancestral, présent dans toutes les civilisations depuis la nuit des temps. Il était très utilisé dans l'antiquité, que se soit en médecine ou dans les pratiques populaires (en Inde dans l'ayurvéda, dans la médecine traditionelle chinoise, en Égypte, par les Grecs durant l'antiquité, puis par les Arabes au Moyen Âge). Le massage était encore utilisé dans un esprit de globalité, c'est à dire qu'il touchait l'être humain dans son ensemble, en prenant en compte à la fois le corps et l'esprit. Une forme de toucher a également toujours été présente dans les cultes religieux (imposition des mains). Cette pratique traditionelle s'est perprétée un peu partout dans le monde jusqu'à nos jours, ainsi il n'est pas rare de voir aujourd'hui des mères africaines ou indiennes massant régulièrement leurs enfants.

Au Moyen Âge, la médecine occidentale a abandonné plus ou moins cette thérapie à cause du tabou du toucher. Ce n'est qu'au XVIème siècle que le massage est réintroduit en médecine (d'abord en chirurgie) avec le médecin français Ambroise Paré, et surtout au XIXème siècle avec Per Henrik Ling et son fameux massage suédois (synthèse de techniques orientales, de gymnastiques et de physiologie occidentale). C'est le massage "classique", composé de beaucoup de pétrissages, dont se servent encore aujourd'hui bon nombre de kinésithérapeutes.

Les années 1960-1970 ont été l'occasion pour les occidentaux de découvrir en masse les méthodes orientales de bien-être et de développement personnel : yoga, méditation, taï-chi-chuan, reiki, massage, et toutes les médecines douces dites aussi "alternatives" (à la médecine allopathique). On parlait alors de "libération du corps". C’est dans ce contexte qu'est né le massage californien (dont nous parlerons plus bas).

Aujourd'hui, en France, les kinésithérapeutes (et les médecins) ont le monopole du massage (au moins en ce qui concerne le terme), ce qui n'est pas le cas par exemple dans les autres pays européens ou aux États-Unis. La pratique reste tolérée pour les autres professionnels sous une autre appellation à condition de ne pas être utilisée à des fins médicales. Les psychomotriciens parlent ainsi de "toucher thérapeutique" et certains relaxologues de "technique manuelle anti-stress". Le problème ne se pose donc pas pour la réflexologie et le shiatsu, sauf si une amélioration physiologique et médicale est clairement suggérée.

Il existe donc deux grands groupes de massages, l'un de rééducation fonctionnelle (physiologique et médicale) et l'autre de relaxation, dont nous parlerons surtout. Ces derniers massages dépassent parfois la simple détente et s'inscrivent dans un travail psychologique plus profond (corps plaisir et émotionnel, réappropriation de son enveloppe corporelle et donc de ses limites chez le psychotique...). Le toucher n'est dans ce cas jamais neutre.

L’importance du toucher

Le toucher est le premier sens de la vie mais l’un de ceux les moins connus et les moins utilisés. Pourtant, c'est en touchant que le bébé va d'abord découvrir son corps puis le monde environnant. C'est par les caresses que la mère va témoigner de son affection et de son amour à son enfant, lui définissant en même temps les limites de son corps (enveloppe psychique contenante et protectrice). On sait que sans toucher et affection les enfants se laissent mourir, les conséquences de telles carences affectives ont été constatées dans les cas d'hospitalisme (isolement affectif lors d'un placement en institution, qui se traduit par le manque d'appétit, une passivité et tristesse permanentes, retardant le développement intellectuel et psychomoteur et pouvant mener jusqu'à la mort).

Les différents mouvements du massage

  • Le pétrissage ou les pincements : c'est le mouvement principal et le plus connu. On va masser toute la surface des muscles comme lorsque l'on pétrit de la pâte à pain, en essayant de décoller légèrement les muscles pour les étirer et les détendre.
  • L'effleurage : c'est un mouvement très léger qui permet à la fois de prendre un contact au début du massage, d’étaler l'huile ou le talc sur l'ensemble du corps délicatement ou bien encore de radoucir la peau après un mouvement plus fort tel que le pétrissage.
  • Le palpé roulé ou essorage : c'est un des mouvements les plus difficile à décrire. Il est effectué le plus souvent sur les membres inférieurs et supérieurs mais peut aussi s'effectuer sur le dos. On se place perpendiculairement au membre que l'on veut masser, et on l'enroule des deux mains qui partent alternativement d'avant en arrière comme dans un mouvement d'essorage de linge. Il se pratique habituellement de l'articulation supérieure (hanche ou épaule) jusqu'à l'extrémité des doigts.
  • L'acupression ou digitopression : c'est le mouvement très connu du shiatsu ou des massages énergétiques chinois. Il permet de stimuler des points précis du corps à l'aide des doigts qui tournent de façon spécifique et ainsi de libérer l'énergie associée à ces points. Pratiqué simultanément sur deux points éloignés du corps, il réveille et refait circuler l'énergie endormie des canaux (ou méridiens).
  • Le tapotage ou karaté : il s'agit d'un mouvement fort et énergétique, pratiqué essentiellement sur les membres pour réveiller les muscles et l'énergie en profondeur. Les mains sont placées perpendiculairement aux membres, doigts écartés, et donnent l'une après l'autre des petits coups secs.

Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive, il existe bien d'autres mouvements, et je suis sûr que chacun d'entre vous va trouver les siens propres, il suffit d'un peu d'intuition et de se laisser aller.

Le message californien ou holistique

Le massage californien a été créé dans les années 1970 dans le courant des thérapies américaines par Margaret Elke : il s'agit d'un massage global, pratiqué sur une personne nue (ou en slip) avec une application d'huile essentielle et éventuellement sur un fond musical relaxant.

Il s'agit donc d'un massage global, enveloppant et structurant à l'aide de mouvements très lents et très amples qui relient toutes les parties du corps entre elles.

On peut le pratiquer dans l'ordre suivant : le dos, l'arrière des jambes,l'avant, les pieds, le ventre, les bras, le thorax, la nuque et le visage. L'huile utilisée peut être une huile de noyau d'abricot avec des essences de plantes, de l'huile de noix de coco ou encore d'olive mélangée à de l'essence de lavande...

Ce massage n'est pas qu'un simple moyen de détente profonde, c'est également un mode privilégié de relation à l'autre. Il apprend à mieux se connaître, à habiter autrement son corps, à communiquer par les sensations ce qui ne peut être dit en mots...

Le massage ayurvédique

Le massage ayurvédique est un massage élaboré par le moine hindou et yogi Swami Yoga-Anand Bharati. Synthèse habille du massage traditionnel indien et de l'ayurvéda (médecine traditionnelle indienne vieille de 3000 ans, et signifiant "science de la longévité"), c'est une technique à la fois énergétique et relaxante qui combine les gestes du massage avec des exercices respiratoires et de méditation sur les principaux chakras. Swami Yoga-Anand Bharati l'a fait découvrir au public français et européen en 1982. Il est pratiqué de préférence au sol avec une légère application d'huile sur le corps entièrement nu.

Il stimule nos différents points énergétiques appelés marmas et parallèlement les différents éléments de notre corps – air, eau, feu -, organisés selon trois système : VAT (systèmes nerveux et hormonal), PITT (système digestif et enzymatiques) et KAPH (fluides). Il est d'un précieux soutien en cas de fatigue, insomnie et dépression et éveille l'état de conscience du massé.

À la fois doux et tonique, relaxant et énergétique, il permet non seulement de gérer utilement son stress, de refaire circuler et de rééquilibrer ses énergies, de favoriser l'élimination des toxines dues à une mauvaise alimentation et à la pollution, d'atteindre un profond état de relaxation, mais également de pénétrer son être intérieur par le travail méditatif sur les chakras.

Le shiatsu

Le shiatsu est une thérapie manuelle japonaise signifiant pression des doigts, qui se pratique comme son nom l'indique avec les doigts, mais aussi par les coudes et même les genoux et les pieds ! Il peut parfaitement se pratiquer habillé. Son principe fondamental est celui de la médecine orientale : une vision globale de l'être humain avec correspondance entre le corps et l'esprit.

Le shiatsu est un moyen de prévention de certaines douleurs et tensions liées aux maladies psychosomatiques. Lorsqu'il est bien pratiqué, il permet de rééquilibrer l'énergie vitale corporelle appelée ki et circulant le long des canaux que l'on appelle méridiens (chaque méridien étant associé à un organe ou grande fonction). C'est le stress, notamment, qui crée des irrégularités du flux du ki dans les différentes zones corporelles. Les pressions se font donc sur les points d'acupuncture (ou tsubos), qui sont les amplificateurs des méridiens.

La réflexologie

La réflexologie est également une technique manuelle anti-stress qui améliore la circulation sanguine, agit contre la douleur, rééquilibre l'énergie vitale et régule le fonctionnement des organes de l'ensemble du corps. Il s'agit le plus souvent d'un massage des pieds (mais il se pratique également sur les mains) très utilisé par les pédicures-podologues et les relaxologues et qui se fondent sur le principe qu'il existe des zones réflexes précises au niveau de la plante du pied correspondant chacune à un organe ou une fonction corporelle. Ainsi, en ne massant que le pied (mais d'une manière complète), on peut agir sur l'ensemble du corps.

Le massage des enfants

Le massage shantala est un massage traditionnel venu de l'Inde, décrit par Frédérick Leboyer, qui se pratique souvent par la mère à son enfant dès le plus jeune âge (quelques mois, mais on peut encore le pratiquer vers quatre ou cinq ans, voire plus tard). Il s'agit d'un massage doux et relaxant aux huiles, bébé est nu et sur les genoux de sa mère qui l'enveloppe de mouvements larges en commençant par le dos, les fesses, les jambes, puis le ventre et les bras. Outre la détente, il permet de favoriser l'expérience intime et affective entre la mère et son enfant et de stimuler l'enfant sensoriellement dès son plus jeune âge pour qu'il connaisse mieux son corps et ses limites.

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